Al Jazeera and the US

The French-language Moroccan magazine Tel Quel -- one of the most provocative in the region -- is running an interesting piece on Al Jazeera, looking at its financing, its relationship with Islamist groups and with the Bush administration. I found the last section of the magazine, on how (according to an Al Jazeera employee) the US nearly forced the satellite companies that broascast Al Jazeera to block the channel and, after diplomatic consultations with the emir of Qatar, was finally told to moderate its content:



En mai 2003, Bush et ses conseillers pensent à fermer la chaîne. Comment ? "Ils allaient intimer l’ordre aux sociétés qui nous louent l’accès aux satellites, Intelsat et Arabsat, de fermer le robinet", raconte ce vieux routier de la chaîne qatarie. Il s’en est suivi un ballet diplomatique. "Nous devons comprendre que trop d’images peuvent tuer la sensibilité des téléspectateurs. Alors, avant de diffuser un enregistrement, pensez à sa valeur journalistique d’abord", ordonne Cheikh Hamed. Depuis ce jour là, la précaution est de mise. La décapitation de Nicholas Berg est censurée, un correspondant permanent est dépêché au Pentagone, des responsables américains, tels Condoleeza Rice et Donald Rumsfeld, sont interviewés sur le plateau à leur demande, etc. Si Al Jazeera met de l’eau dans son vin, cela ne l’empêche pas de maintenir ses choix. Lorsque Mohamed Jasim Al Ali, accusé d’espionnage pro-Saddam a été relevé de ses fonctions de directeur général, il a eu plus tard comme successeur le jeune Waddah Hansal, connu pour son penchant pro-Hamas.
Ceci étant dit, les temps changent. Ayant ravi la vedette à tous, lors de la dernière guerre du Golfe, Al Jazeera est obligée de passer à la vitesse supérieure pour ne pas être rattrapée. Certes, ni les départs de 17 journalistes vers Al Arabia, ni la création de la chaîne américaine Al Horra, ne la déstabilisent. Par contre, le projet de la France de lancer une chaîne arabe et celui de la BBC de ressusciter son mort-né, mettent à mal les dirigeants à Doha. Leur parade ? Une chaîne en anglais, en fin d’année 2005, "nullement anti-américaine, ne ciblant pas seulement les musulmans non arabophones, mais taillée pour combler les lacunes des chaînes occidentales", explique le chef du projet, Nigel Parsons. Washington n’est pas trop enthousisaste, mais Cheikh Hamed a promis 20 millions dollars. C’est reparti pour un autre bras de fer.



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Issandr El Amrani

Issandr El Amrani is a Cairo-based writer and consultant. His reporting and commentary on the Middle East and North Africa has appeared in The Economist, London Review of Books, Financial Times, The National, The Guardian, Time and other publications. He also publishes one of the longest-running blog in the region, www.arabist.net.