Tunisia in Le Journal

The great Moroccan magazine Le Journal Hebdomadaire (which recently lost its editor-in-chief, Abou Bakr Jamai, a fact that saddens me deeply and on which I will write about at a later point) is one of the few publications on the planet -- that's no exaggeration -- that will publish long, critical pieces on the Tunisian regime. Here Catherine Graciet does an interesting political-economic analysis of a regime that is heading for self-destruction, a small bio of "General-President" Ben Ali, and an interview with the leading dissident Moncef Marzouki, who recently returned to Tunisia after a long exile in Paris (he had made the announcement on al-Jazeera, as we had mentioned here) and was attacked, put under house arrest:

Vous êtes rentré en Tunisie le 21 octobre 2006 après cinq ans d’exil en France. Pourquoi?

Moncef Marzouki : J’ai quitté la Tunisie en 2001 pour des raisons alimentaires. J’avais accepté la prison, une tentative de meurtre et la diffamation mais quand on m’a chassé de l’université et de l’hôpital où je travaillais, je me suis retrouvé sans ressources. Je suis venu en France car on m’avait proposé un poste de professeur en médecine à la faculté de Bobigny. En octobre 2006, j’ai lancé un appel à la désobéissance civile en Tunisie sur Al Jazeera. Je ne pouvais donc plus laisser les autres affronter seuls le régime de Ben Ali et me devais de donner l’exemple en rentrant.

Comment s’est passé votre retour ?

J’ai été de facto mis en résidence surveillée pendant deux mois et le régime a usé de nouvelles techniques de répression à mon égard. J’ai été agressé dans la rue à quatre reprises par des voyous qui m’ont craché dessus et insulté. A deux reprises, en pleine rue, des femmes se sont jetées sur moi en hurlant que j’avais tenté de les violer. Pour éviter d’être agressé, je sortais en permanence accompagné d’amis. Une fois, j’ai voulu soutenir un prisonnier politique en lui rendant visite en compagnie de trois autres personnes. Notre voiture a été prise d’assaut par une centaine de voyous qui m’ont encore insulté et craché dessus. L’attaque a été si violente que le véhicule dans lequel nous étions tanguait. Pendant ce temps, la police politique filmait la scène. Une autre fois, je me suis rendu à un enterrement et l’on a jeté des œufs pourris sur la voiture dans laquelle j’étais.
I find the Tunisian regime an interesting one for some of the parallels it has with Egypt -- I often think of the current situation in Egypt as analogous in some respects to Tunisia in the mid-1980s.

Update: This is really not a cheap shot, I just came across it soon after putting up this post -- an interview with the new US Ambassador in Tunis that appeared in the Tunisian magazine Réalités, which is legal and therefore completely under security control:

Quelles sont vos premières impressions sur la Tunisie ?

Elles sont très positives. Le peuple tunisien est très chaleureux. Le pays est très beau, son histoire est magnifique, je trouve que la Tunisie est un modèle pour les autres pays de la région
And a bit later in the interview:

Je voudrais ici insister sur l’idéal humaniste de notre politique étrangère pour aider d’autres à réaliser les valeurs universelles auxquelles nous aspirons tous : la liberté, la prospérité et la sécurité.
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Issandr El Amrani

Issandr El Amrani is a Cairo-based writer and consultant. His reporting and commentary on the Middle East and North Africa has appeared in The Economist, London Review of Books, Financial Times, The National, The Guardian, Time and other publications. He also publishes one of the longest-running blog in the region, www.arabist.net.