Gresh on the key aspects of the Arab uprisings

Alain Gresh:

Même s’il y a des différences d’un pays à l’autre, une même volonté anime ces révoltes qui ont en commun trois caractéristiques :

1. La volonté d’en finir avec l’autoritarisme et la dictature, mais pas seulement au sens politique. Avant tout au sens d’arbitraire. C’est ce que disent les gens quand ils parlent de karama – de dignité. Ils veulent vivre dans une société où ils ne sont pas soumis à l’arbitraire du fonctionnaire qui les envoie «promener», du policier qui les maltraite ou les frappe, une société où tous les agents de l’Etat respectent les citoyens. Cela va bien au-delà d’une demande de démocratie.

2. La volonté d’en finir avec l’accaparement des richesses par une minorité, avec une libéralisation économique imposée par l’Union européenne, qui ne profite qu’à la clique au pouvoir et accroît la paupérisation de la population.

3. La volonté d’en finir avec un patriarcat oppressant qui marginalise une jeunesse instruite, mieux formée que ses parents et qui ne trouve pas de travail.

Révolte contre l’arbitraire, contre l’injustice sociale, contre la marginalisation de la jeunesse : ces trois facteurs sont communs à tous les soulèvements qui secouent le Monde arabe.

Three key aspects of the Arab uprisings: anti-authoritarianism with a libertarian streak and a focus on rule of law, a demand for socio-economic justice, and against what might be termed the geronto-patriarchy (i.e. the rule of old men). Seems about right, and if so it should bring major social transformations in the next decade.

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Issandr El Amrani

Issandr El Amrani is a Cairo-based writer and consultant. His reporting and commentary on the Middle East and North Africa has appeared in The Economist, London Review of Books, Financial Times, The National, The Guardian, Time and other publications. He also publishes one of the longest-running blog in the region, www.arabist.net.