Curfew Chronicles

A passionate and beautifully written defense of the choice to live in Cairo (addressed to all the worried relatives and acquaintances who want the author to "come on home" now.)

I translate this paragraph below:

En dépit des difficultés connues de la capitale égyptienne (poussière, pollution, chaleur, harcèlement, instabilité politique), vivre au Caire n'est pas une lubie. Surtout si ce choix s'inscrit dans la durée. Les étés au Caire sont chauds mais ses hivers sont doux comme les printemps dans le sud de la France. Ses journées sont bruyantes et peuplées, mais ses nuits sont de loin les plus fabuleuses de la région. Paris se couche à 2 heures les soirs de week-end quand Le Caire veille jusqu'à l'aube tous les soirs, indifférente aux débuts, aux milieux et aux fins de semaine. Là où Paris se tasse dans des 2 pièces de 25 mètres carré, Le Caire se repait d'espace, d'appartements aux plafonds hauts, aux terrasses ensoleillées. Quand on a la chance d'y gagner sa vie en euros, on n'a pas à penser à l'argent au Caire, on n'est pas obligé de compter pour dépenser, et en plus, on se retrouve avec du temps sur les bras, pour écrire, lire, nager, repeindre le salon. Et puis il y a des gens au Caire, des gens que précisément on ne risque de croiser ni à Paris ni à New York, des gens qui ont à la fois quelque chose en plus et une case en moins, des gens qui ne se sentent à leur place nulle part, qui n'ont ni de certitude, ni d'aptitude au confort, ni peur d'être d'éternels débutants.

Despite the well-known difficulties of the Egyptian capital (dust, pollution, heat, harassment, political instability), living in Cairo isn't a whim. Especially if it's a long-term choice. Summers in Cairo are hot but winters are as mild as springs in the south of France. Its days are noisy and crowded, but its nights are by far the most fabulous in the region. Paris goes to bed at 2am on weekends while Cairo stays up till dawn every night, at the beginning, middle and end of the week. While Paris stuffs itself into two 25-square-meter rooms, Cairo revels in space, in high-ceilinged apartments with sunny terraces. If you are lucky enough to earn your living in euros, you don't need to worry about money in Cairo, and what's more you find yourself with time on your hands, to write, read, swim, repaint the living-room. And then there are people in Cairo, precisely the kind of people who you won't come across in Paris or New York, people who have a little something extra and a little something off, people who don't feel at home anywhere, who have no certainties, no aptitude for comfort, no fear of being eternal beginners.